Le renforcement des compétences des professionnels de santé demeure un levier essentiel pour réduire la mortalité maternelle et néonatale au Sénégal. Dans cette dynamique, dix sage-femmes d’État ont reçu, ce vendredi à Dakar, leur attestation de fin de formation en échographie obstétricale d’urgence (ECOBSU), à l’issue d’un parcours de trois mois alliant enseignements théoriques et pratiques.
Cette formation a été organisée par le Centre régional de formation, de recherche et de plaidoyer en santé de la reproduction (CEFOREP), organisation membre de 3CAP-Santé, en collaboration avec les Directions régionales de la Santé de Kaffrine, Fatick, Kolda et Ziguinchor du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
Lors de la cérémonie de sortie de la 20ᵉ promotion ECOBSU, le Dr Mouhamed Sène, gynécologue-obstétricien et responsable de la formation, a souligné l’importance stratégique de cette initiative pour améliorer la prise en charge des urgences obstétricales, particulièrement dans les zones éloignées où l’accès aux spécialistes demeure limité.
Grâce à cette nouvelle qualification, elles seront désormais en mesure de détecter plus rapidement certaines complications pouvant mettre en danger la vie des femmes enceintes.
Dr Sène explique que , la formation a particulièrement porté sur le diagnostic précoce de pathologies fréquentes au premier trimestre de la grossesse, notamment les avortements compliqués, les grossesses extra-utérines et les grossesses môlaires.
« Ces pathologies constituent des urgences majeures parce qu’elles peuvent engager le pronostic vital de la mère », a-t-il rappelé.
Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, l’objectif est de permettre aux sage-femmes de poser rapidement un diagnostic, d’initier une prise en charge adaptée ou d’organiser une référence précoce vers les structures spécialisées lorsque la situation l’exige.
Le responsable de la formation a également mis en avant les progrès enregistrés ces dernières années dans la lutte contre la mortalité maternelle au Sénégal. Il a salué l’impact positif des programmes de renforcement des capacités des professionnels de santé, rappelant que le ratio de mortalité maternelle est passé de plus de 234 décès à 153 décès pour 100 000 naissances vivantes selon les dernières Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS).
Au nom de ses collègues, Aby Tall, porte-parole de la promotion, a exprimé sa satisfaction et son engagement à mettre les compétences acquises au service des populations.
« Grâce à cette formation, nous sommes désormais mieux outillées pour assurer un suivi de qualité, contribuer au diagnostic précoce des situations à risque et participer davantage à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant dans nos différentes structures », a-t-elle affirmé.
