Avant l’arrivée du projet Wa’ar, le Centre de formation professionnelle (CFP) de Thiadiaye était confronté à un taux élevé d’abandons scolaires, principalement à cause des grossesses précoces et des mariages d’enfants. Selon la directrice du CFP, Mme Senghor, on pouvait perdre jusqu’à 25 filles sur 100 avant la fin de leur cursus.

Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. Grâce à une approche interactive mêlant séminaires, travaux de groupe et enquêtes de terrain, le projet a permis aux jeunes filles de mieux comprendre leur corps, leurs droits et de se projeter dans l’avenir. Le personnel de santé a été mobilisé pour fournir des informations précises et les résultats sont probants : non seulement les abandons scolaires sont en forte baisse, mais les performances des élèves se sont améliorées. “Leurs moyennes scolaires, on sent que ça a augmenté”, témoigne la directrice.

Le succès du projet Wa’ar réside dans son approche unique, qui se distingue des modèles internationaux classiques. Thierno Dieng, chef de programme au Ceforep, explique cette philosophie : “Au lieu de dire que les populations agissent mal, nous avons décidé de travailler avec elles.” Les chercheurs ont co-construit les messages et les outils avec les communautés, en traduisant les concepts juridiques internationaux en termes accessibles et adaptés aux normes culturelles locales.

Cette collaboration étroite a permis de surmonter les réticences et les tabous, notamment sur des sujets sensibles comme les violences sexuelles. Les populations ont développé une meilleure compréhension des VBG et se sont mobilisées pour y faire face. La gendarmerie locale a même signalé une diminution des plaintes pour viol.

En tant que membre de la plateforme 3CAP-Santé, le CEFOREP illustre parfaitement la mission du collectif : appuyer les organisations de la société civile dans leur plaidoyer pour la santé de la reproduction, la lutte contre les VBG et la promotion des droits des adolescentes.