Placée sous le thème « Accélérer le financement domestique des DSSR : quelles stratégies pour un engagement durable ? », la RAPO 2025 a offert un cadre d’échanges approfondis entre les pays membres du Partenariat de Ouagadougou, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les organisations de la société civile. Les discussions ont porté sur les réponses nationales mises en œuvre face à cette nouvelle donne financière et sur les leviers à activer pour garantir la durabilité des services de PF.
Les travaux ont mis en évidence un message central : le financement des DSSR constitue à la fois un choix stratégique de développement et un acte fort de souveraineté nationale. Malgré un environnement financier contraint, les pays du Partenariat de Ouagadougou ont maintenu une dynamique positive en 2025, avec l’enregistrement de 400 000 nouvelles utilisatrices de méthodes contraceptives. Des performances particulièrement remarquables ont été observées au Burkina Faso, au Mali et en Guinée, qui ont dépassé leurs objectifs annuels.
Les analyses ont toutefois révélé la vulnérabilité persistante de certains axes clés, notamment l’offre de services et la création de la demande, qui demeurent fortement dépendants des financements extérieurs. Dans ce contexte, les Plans d’Action Nationaux Budgétisés de Planification Familiale (PANB/PF) apparaissent comme des instruments essentiels pour renforcer la priorisation, la planification et la traçabilité des ressources domestiques.
Les échanges ont également mis en lumière la capacité de plusieurs pays à transformer les crises sécuritaires et économiques en véritables opportunités de réforme. Cette résilience repose notamment sur un leadership politique renforcé, le développement de la santé communautaire, la mise en œuvre de la gratuité ciblée des soins, l’implication croissante des collectivités territoriales et le recours à des partenariats public-privé innovants.
Cependant, une alerte majeure a été formulée au cours des travaux. En l’absence de solutions nationales solides et durables, la diminution des financements internationaux pourrait priver près de 850 000 femmes de l’accès aux services de planification familiale d’ici 2030, compromettant ainsi une part significative des objectifs régionaux.
Les discussions ont souligné que la durabilité du financement des DSSR ne dépend pas uniquement du volume des ressources mobilisées, mais également de la qualité de la gouvernance, de l’utilisation stratégique des données et de l’innovation financière. Plusieurs pistes ont été explorées, notamment le développement des assurances santé, la taxation de produits nocifs pour la santé, les mécanismes de financements mixtes et d’obligations à impact, ainsi que le positionnement du secteur privé comme partenaire stratégique.
Par ailleurs, les participants ont exprimé leurs préoccupations face à la montée des groupes anti-droits, identifiés comme une menace croissante pour les DSSR et l’espace civique. Cette situation appelle un renforcement du plaidoyer coordonné et une protection accrue des acteurs engagés en faveur des droits des femmes et des jeunes.
La participation de 3CAP-Santé à la RAPO 2025 vient renforcer son engagement en faveur du financement domestique durable de la planification familiale et des DSSR. Elle conforte également la pertinence de ses actions de plaidoyer pour une implication accrue des collectivités territoriales et du secteur privé, pour le renforcement de la transparence et de la redevabilité budgétaire, ainsi que pour une meilleure prise en compte des besoins des jeunes et des groupes vulnérables.
